Charonne c’est un métro, c’est quoi ?

metro-Charonne

Le 8 février 1962, il y a 55 ans jour pour jour, c’est déroulé selon les points de vue « les événements du métro Charonne » ou « le massacre policier au métro Charonne ». C’est une page qui forcement est sujette à des guerres d’édition, mais si vous voulez réviser ce qui s’est passé ce jour-là, vous pouvez consulter la page de Wikipedia qui relate le contexte, les faits, les analyses…

Actualité du moment

Avant de rendre hommage à ma manière en chanson comme il se doit sur ce blog, je vais faire un lien direct avec l’actualité toujours selon le point de vue l’arrestation musclée ou le viol de Théo par les forces de police. Les faits sont relatés par l’Humanité sur ce lien.
Les événements sont différents, le contexte aussi, mais si on y réfléchit bien des points de comparaisons, de rapprochement existent.

Dans le cas de 62, les manifestants étaient considérés comme des ennemis à l’ordre public et les consignes étaient d’être ferme pour interdire la manifestation pacifiste anti-fasciste. Il n’y avait pas d’ordre de tuer, mais de ne pas hésiter à être rude. C’était des compagnies de CRS, gendarmes mobiles, policiers aguerris… sachant se battre.
Dans le cadre de Théo, “Pour les policiers, tous les jeunes ici sont des délinquants” (cf l’article du bondyblog). Les forces de police du moment ne sont plus la soi-disant laxiste police de proximité mais des brigades spécialisées de terrain, des unités d’interventions et répression.

Et pour intervenir et réprimer il faut être violent, par définition. On l’a bien constaté durant la répression des mouvements sociaux contre la loi travail et comme les jeunes de banlieue l’attestent dans leur quotidien et les « bavures » qui n’en sont pas. Même le défenseur des libertés, Jacques Toubon, homme politique de droite, vient de publier un rapport sur les contrôles d’identité qui sont le point de départ de l’affaire.

Cette politique a été instaurée par Nicolas Sarkozy et François Hollande l’a continuée. Sans retour en arrière dans la doctrine des forces de répressions d’autres événements comme le viol de Théo ou les répressions sociales vont continuer. Car les policiers sur le terrain ne sont que des humains avec toutes leurs qualités et faiblesses, défaut, mais les ordres sont politiques. Il n’y a pas eu d’ordre de violer Théo, il n’y a pas eu d’ordre de tuer les 8 personnes de Charonne : il y a eu des encouragements du politique, qui donne des encouragements à en cascade à la chaîne de commandement afin d’être « fort ».

Et revenons aux chansons du jour

J’ai déjà cité Renaud dans l’article de février. Je le re-cite car il est (trop) de circonstance.

Ils sont pas lourds en février,
à se souvenir de Charonne,
des matraqueurs assermentés
qui fignolèrent leur besogne.
La France est un pays’ de flics,
à tous les coins d’rue y’en a cent,
pour faire régner l’ordre public
ils assassinent impunément.

 

Leny Escudero je t'attends à charonne

Si on veut être dans le sentimental, on peut écouter

… la magnifique chanson de Leny Escudero (une découverte pour moi, j’ai commencé à écouter c’est très bien) je t’attends à Charrone publiée en 1967.

L’automne va mourir
Et l’on entend déjà
Le printemps refleurir
Aux branches des lilas
C’est une éternité
Quand on est amoureux
Tu verras mille étés
Éclabousser ses yeux
C’est aujourd’hui l’hiver
Et c’est encore printemps
La nature est au vert
Lorsque l’on a vingt ans

Marie, ô Marie, je t’aime
Tu es mon premier baptême
Marie, que l’amour me pardonne
On m’appelle à Charonne

On l’appelle à Charonne
Et moi je reste là
Ni Dieu ni la Madone
N’ont plus d’amour que moi
Ça me brûle le cœur
D’une douleur si tendre
Que c’est encore bonheur
Pour moi que de t’attendre
Je t’attends, je t’attends
Comme l’oiseau qui mourut
D’attendre le printemps
Où il l’avait connue

Marie, ô Marie, je t’aime
Tu es mon premier baptême
Marie, que l’amour me pardonne
J’ai si peur à Charonne

Il a peur à Charonne
Mon Dieu, prends-lui la main
Pour venir de Charonne
Il est long le chemin
Quelle est cette rumeur
Venue du fond des temps ?
J’ai si froid, j’ai si peur
Daniel, oh ! Reviens-t’en
Y a notre vie à nous
Qui dort dedans mon ventre
Les fleurs s’ mettent à genoux
Les fleurs te disent « Rentre »

Marie, ô Marie, je t’aime
Tu es mon dernier baptême
Marie, que l’amour me pardonne
Je t’attends à Charonne

 

Si on veut rester dans la colère contenue…

…c’est Charonne de la compagnie jolie môme qu’il faut écouter.

 

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Une bouche ouverte à la rue
Qui nous fait chanter quelquefois
Des souvenirs qui nous remuent.

Y’a des sentiments qui résonnent
Page noire de l’histoire de France
Y’a des petites idées qui dansent
Ca y est, nous voilà à Charonne !

Charonne c’est un métro, c’est quoi ?
On s’y arrête quelquefois
Rue des Boulets, Charonne, Voltaire
En 62 c’était la guerre,

Charonne c’est un métro, c’est quoi ?
Quand j’entends parler de Charonne
J’entends des cris j’entends des voix
Le fascisme ne passera pas !

Charonne c’est un métro, c’est quoi ?
Un jour de manif à Paris
Un jeudi noir, il faisait froid
Les journaux titraient Algérie.

Charonne c’est un métro, c’est quoi ?
La nuit tombée ils étaient là
La manif était interdite
Pendant la guerre pas d’politique.

Charonne c’est un métro, c’est quoi?
Pour des militants ouvriers
Que ce soit ici ou là-bas
Contre la guerre faut résister!

Charonne c’est un métro, c’est quoi ?
On était loin de la bavure
La police avait tous les droits
Carte blanche de la préfecture.

La police a cogné, jeté
Dans la bouche ouverte à la ville
Massacré, piétiné, frappé
Ecrasé sous le poids des grilles.

Charonne c’est un métro qui saigne
Les cris, les voix hurlent encore
Les larmes des lacrymogènes
Trois filles et six garçons sont morts.

Charonne c’est un métro, c’est qui ?
Quand j’entends parler de Sharon
C’est la Palestine qui résonne
Et l’Algérie …  celle d’aujourd’hui.

 

Photo de la compagnie dans la rue, une de leur scène de prédilection.

compagnie jolie mome dans la rue

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1 commentaire sur “Charonne c’est un métro, c’est quoi ?

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