Pierrot est tombé – Dominique Grange

Aujourd’hui, en ce jour de tragique anniversaire, voici une chanson reportage sur un événement survenu jour pour jour il y a 45 ans (1972), l’assassinat de Pierrot par Jean-Antoine Tramoni.

La scène se passe dans un bastion du monde ouvrier, l’île Seguin, usine des véhicules Renault. C’est quelques jours après le massacre de Charonne (voir l’article que j’y ai consacré). Pierre Overney dit Pierrot était un militant dans la Gauche Prolétarienne.

notre longue marcheDominique Grange contribue a ne pas effacer de notre mémoire collective cet événement, et la mémoire du monde ouvrier, de la gauche (disons des gauches) ne doit pas être oublié. C’est dans l’album Notre longue marche de 1973.

Je n’ai pas vraiment étudié la doctrine de la gauche Proletarienne, pas sûr d’être d’accord avec tout (je suis plutôt non-violente, donc un gros problème de méthodologie). Dans ces années troublées qu’est-ce que j’aurais choisi, impossible à dire et en fait la question me parait peu pertinente.
Si je publie cet hommage, c’est parce que la première fois que je l’ai entendu, que je continue à l’écouter il y a une émotion poignante qui passe et puis surtout : ne laissons pas les milices patronales de Fillon,  Le Pen, Macron reprendre du poil de la bête.

Paroles de Pierrot est tombé

Les équipes du soir finissaient de rentrer
Ce jour aurait dû être un jour comme les autres
Le vingt-cinq février mille-neuf-cent-soixante-douze
Aux portes de l’usine à Renault Billancourt
Par centaines les tracs volaient de mains en mains
Manif antiraciste ce soir, tous à Charonne
Les chiens de garde ont aboyé
Pierrot est tombé
Aucun gardien ne bouge quand Tramoni dégaine
Pierrot est face à lui à quelques mètres à peine
Il y a du soleil dans ses cheveux bouclés
Et Tramoni le vise une première fois
L’arme s’est enrayée, Pierrot n’a pas eu peur
« Vas-y, tire ! » Qu’il lui dit, l’autre tire en plein cœur
L’équipe du matin sortait
Pierrot est tombé
D’abord c’est le silence, impossible d’y croire
Chacun reste immobile les yeux écarquillés
À regarder Pierrot en sang sur le trottoir
Et dans l’île Seguin, au cœur des ateliers
Des ouvriers en pleurs traquent chefs et gardiens
En entendant crier « V’là un Mao de moins »
Les fachos sont en liberté
Pierrot est tombéSamedi quatre mars nous étions trois-cent-mille
Des gens avec leurs mômes perchés sur leurs épaules
Les poings et les drapeaux montaient vers le soleil
Et les vieux retrouvaient le chant des partisans
Leurs yeux laissaient couler des larmes de colère
Tandis qu’ils emportaient leur frangin dans la terre
Un ouvrier assassiné
Pierrot Liberté

Pour aller plus loin

Voici deux émissions de France Inter qui reviennent sur l’affaire et le contexte :

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