Chantons le modèle d’identification paternel

Après avoir fêté les mères à ma manière, aujourd’hui, c’est le moment de s’occuper gentiment et avec décalage des pères.

En cherchant les origines de cette fête, on s’aperçoit que c’est quasiment purement commercial dès le début.

Le daron = un modèle, une référence pour les enfants

les-ogres-de-barbak-comment-je-suis-devenu-voyageurLes psys mettent en avant le rôle du père comme modèle, référent, tutelle de toute-puissance, ennemi à vaincre ou séduire dans l’œdipe… souvent avec un peu de bien fondé et des fois à mon modeste avis de façon un peu excessive.

Alors faisons une chanson sur un père/daron qui est un modèle pour son fils. Mais est-il le modèle que la société veut que les enfants aient ?

C’est nos ami-e-s des Ogres de barback qui sont à la manœuvre pour cette chanson de 2001 inclue dans leur album comment je suis devenu voyageur.

Il n’a pas réglé son horloge
Toujours le cul entre deux chaises
Il ne sait jamais où il loge
Il a trente ans… d’âge mental : seize
Mon papa, mon père
Celui qu’j’n’ai pas beaucoup connu Celui qui est arrivé hier
Qui part demain, bien entendu
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »Il n’a pas choisi sa planète
Pas choisi entre Terre et Lune
Il n’a pas remboursé ses dettes
Et n’a jamais… jamais fait fortuneMon papa, mon pèreCelui qu’on voit sur l’avenue
Au bras de filles un peu vulgaires
Qui se promènent à moitié nues
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Il dit : « Quand j’n’ai pas le moral
Je vais me soigner dans les bars »
Il dit : « Plutôt que d’dormir mal
Moi, je préfère me coucher tard ! »

Mon papa, mon père
Qui s’endort parfois dans la rue
Bourré de vin, ivre de bière
Que les voisins ne saluent plus
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Il a tiré les quatre cents coups
Mais il n’a jamais dit « Je t’aime »
Il dit : « On n’est rien, c’est un tout
J’n’ai pas d’attache, pas de problème ! »

Mon papa, mon père
Celui qui tutoie l’inconnu
Celui qui mendie son salaire
Devant les portes du Super U
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Il dit : « J’n’ai plus rien à gagner
Et j’n’ai jamais rien eu à perdre »
Il dit que je suis mal élevé
Quand je lui dis que je l’emmerde

Mon papa, mon père
Qu’aurait mieux fait, s’il avait su
De se la faire en solitaire
Qu’un gosse avec une inconnue
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Il dit : « Tu s’ras un fils de paumé
Ton héritage, c’est ma connerie
Et mieux vaut être un vrai raté
Que d’faire semblant d’être réussi »

Mon papa, mon père
Celui qui, cette nuit, s’est battu
Pour un mot de trop dans un vers
Pour affirmer son point de vue
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Dans un rare moment de tendresse
Il me dit : « Je suis fier de toi
Le jour où la vie me délaisse
Tous les paumés se souviendront de moi ! »

Mon papa, mon père
Celui qui boit à son insu
Qui voit l’avenir dans son verre :
Une courte vie pleine d’imprévus
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

Mon papa, mon père
Ce zéro extraordinaire
Chien de la nuit, chat de gouttière
Une crise de rire, une crise de nerfs
Mon père, mon papa
Une grande gueule et un bon coup droit
Un poumon mort, une mauvaise foi
« T’as pas cent balles, prête-moi ton toit ! »

Mon papa, mon père
Celui qu’j’n’ai pas beaucoup connu
Celui qui est arrivé hier
Qui part demain, bien entendu
Mon père, mon papa
Qui n’m’apprend pas les bonnes manières
Qui dit : « Plus tard, tu comprendras
En attendant… chante ta colère ! »

2 pères et un enfant (et non pas trois hommes et un couffin)

Pour ce qui est de l’homoparentalité masculine je vous propose la belle, triste et tendre chanson les deux hommes de Lynda Lemay parue en 2002 sur l’album les lettres rouges.
Elle est un peu datée mais peu de choses ont changé.

Avec la loi pour le mariage et l’adoption pour tou-te-s, l’adoption est une possibilité mais le réalisme impose de dire qu’en France l’adoption plénière par un couple d’hommes est attendu pour dans quelques décennies…
Il reste la question de la GPA dont je n’arrive pas à avoir une opinion fixe. Mais pour reprendre les propos d’une avocate de la famille si jamais cela devient possible en France cela sera à la française. Traduction à ma façon de cette affirmation : avec agrément et enquête de la DASS (comme pour l’adoption, il n’y a qu’a copier) et agrément de la femme qui porte l’enfant et des parents de destinations (les pères par exemple), accompagnement de la CAF et autres organismes de contrôle… que du réglementaire pour éviter tous dévoiement de la procédure.

Pour ce qui est de l’évocation de l’homophobie de la société ça évolue mais (trop) lentement.

Ils voulaient devenir parents, les deux hommes
Et ils se sont battus longtemps
Pour avoir tout simplement, les deux hommes
Les deux têtus, les deux amants
a une famille…alors ils ont
Adopté un joli poupon

Ils sont enfin devenus papas, les deux hommes
et comme tous les papas sérieux
Ils se sont creusé malgé eux, les deux hommes
Des cernes mauves sous les yeux
A chercher la meilleure façon
de s’occuper d’leur nourrisson

Il n’aura pas eu de maman, le petit môme
N’aura tété que des biberons
N’aura pas connu ces seins blancs que l’on donne
a tant d’autres petits garçons
dans ces maisons ou ça s’querelles

Ils’y arrivaient pas trop mal, les deux hommes
Les deux amoureux, les deux mâles
Même s’il était clair dans la tête des deux pères
qu’ils ne pouvaient pas se permettre
Les mêmes faiblesses que l’on pardonne
a tous les parents de la Terre

Il aura grandi calmement, le garçon
jusqu’a cinq ans, jusqu’a l’école
Ou bien sur quelques garnements se moqueront
en le traitant de fils de folle
Et il en gardera des séquelles
Il reniera ses parternels

ils étaient de braves parents, les deux hommes
Mais l’monde étantc’qu’il est devenu
L’amour, ben c’est pas différent pour deux hommes
souvent l’amour, ca en peut plus
Et ce fut l’cas d’cet amour-la
Les deux hommes ont baissé les bras

Un tel échec fait toujours mal, on n’veut pas
Se r’trouver monoparental
Mais quand tu t’fais appeler pédale et papa
Là t’es un homoparental
Pour les langues sales et les jugements
Les « on l’savait qu’ça foutrait l’camp »

Ils feront tout pour consoler leur enfant
Leur adolescent partagé
Qui tentera vien de n’pas rêver d’sa maman
De sa peau tendre et satinée
Et d’son épaule comme une gouttière
Pour y déverser ses rivières

Ils seront toujours les parents, les deux hommes
de l’homme que leur fils deviendra
et m^me s’ils n’entreront jamais dans les normes
s’ils auront été maladroits
Ils n’auront pas perdu le droit
D’être des hommes dignes et droits

Ils seront toujours des papas, les deux vieux
et leur garcon s’en souviendra
Quand a son tour il embuera ses beaux yeux
En tenant un poupon dans ses bras
Et c’st à temps qu’il comprendra
Un petit peu mieux les deux hommes
et c’est à temps qu’il reviendra
Avant que ses papas s’endorment.

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