Deux chansons pour le prix d’une : Mon bel étranger & les sans papiers

article du 20 octobre 1986 dans le parisien

nicolas bacchus à tableDans la continuité de l’article de samedi sur les saunas, on continue toujours avec Nicolas Bacchus, mon bel étranger. Datée de 2005, sur l’album à table, elle fait référence aux charters mis en place par Charles Pasqua pour expulser le plus d’étrangers en situation irrégulière. C’est une pratique qu’aucun gouvernement suivant n’a abolie (il n’y a plus de charter, juste l’utilisation des vols réguliers). Mais c’est vrai que l’actualité n’est plus l’expulsion de ces êtres humains mais comment les empêcher, quitte à les laisser mourir (triste humanité), de venir jusqu’en Europe.

Cette chanson, plutôt nostalgique, triste fait part des séparations que de tels  événements produit. Même si celui qui reste est peut être moins à plaindre (et encore, c’est une drôle de hiérarchie) c’est une drame pour les deux. On ne sait pas ce qu’il a construit à part un morceau de vie qui est rayé d’une simple signature administrative.

 

Un charter au matin… j’ai pleuré, il a plu
Ô mon bel étranger, on se reverra plus
C’est étrange
Les septembres qui fondent, les étés menaçants
La sueur, les couleurs, les odeurs et le sang
Se mélangent
J’avais le goût de pomme, toi celui de papaye
On se goûtait l’un l’autre à chaque bout de la paille
Jus d’orange
Les peupliers debout, l’allée où nous allions
Les chats, la cheminée, ton parfum de faux lion
Dans les grangesLe doigt sur une mappemonde, on se cherchait une île
Je descendais la Seine, tu remontais le Nil
Et le Gange
Et l’on faisait tourner la Terre comme une toupie
Pour y voir apparaître un unique pays
En échangeEt nous tissions sur un métier à métisser
Entre un avenir en laisse et un laisser-passer
Qui dérange
Un vol en bateau-mouche, un air d’accordéon
Ton sourire au fusain, du pain pour les pigeons
Deux mésanges

Un Boeing chante au loin, le son de l’air effraie
Je croque du raisin, j’ai bu, je reboirai
Nos vendanges
Un charter au matin… j’ai pleuré, il a plu
Ô mon bel étranger, on n’ se reverra plus
C’est étrange

 

Nicolas Bacchus - balades pour enfants louchesDe façon plus légère, sur l’absurdité d’avoir des papiers, mais quels papiers, du quadrillage policier pour arrêter les personnes dans des lieux pouvant normalement les aider… Toujours du même artiste sur son album ballades pour enfants louches : les sans papiers.

 

 

Charters, au r’voir, papier mouchoir
C’est juste sous vos papiers-rideaux
N’ayez plus peur, papier d’humeur
De protester :

Laissez passer les sans papiers
Ministres, préfettes, papier en-tête
Promis, pas fait, papier froissé
Nous, on est prêt.
Tous vos décrets, papier WC
Vos lois bancales, papier journal
Doivent faire plaisir, papier « papieren »
Aux nostalgiques

La bête exulte, papier oc…culte
Quand c’est Jospin, papi…essuie-mains
Ou Chevèn’ment, encore vivant ?
Qui r’passent les plats.

Les préfectures, papier ordure
Leurs policiers, rues quadrillées
Font du zèle et, papiers cachés
Se lavent les mains

Assez attendu, pas pied de grue
Faut s’décider, papiers signés
Laissez passer les sans papiers
Faites circuler !

Laissez passer les sans papiers
Ministres, préfettes, papier en-tête
Promis, pas fait, papier gâché
Faites circuler !

Allez, faites circuler, circulez, circulez…

La version initiale

une petit live plus récent avec une petite introduction comme il les aime (et moi j’aime ce type d’introduction), une petite pique au détours d’un couplet…

 


Il est en concert ce jour, lundi 13 et mardi 14 février dans le cadre du festival de toutes les cultures LGBTQI+.

 

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