l appel du 18 joint dans Libération

Comment s’écrit juin quand on est le 18 ?

Cet article aurait presque pu s’intégrer dans ma rubrique 1 mois 1 chanson, mais je ne veux parler que d’un seul jour.
Pour le 18e jour du  6e mois de l’année j’ai deux choix :

  • célébrer celui de Mon Général. Mais s’il est un personnage illustre il n’est pas mon idole.
  • vous parler de l’appel du 18 joint mais je ne prends pas de substances psychotropes à l’exception de thé, café et alcool. Je viens de vous en mettre un lien au passage.

bachibouzouk - Arthur HComme je n’aime pas le binarisme (exepté en informatique) et sans être hollandiste (l’homme de la synthèse) je me permets une synthèse de l’appel du 18 joint du général par le chanteur Arthur H.

Cela donne une longue chanson de 13 minutes de délire très sérieux. Une curiosité à ré-écouter sans fin. Cela date de 1992 et c’est trouvable dans l’album Bachibouzouk.

Moi Général de Gaulle à Londres je m’ennuie
Je suis plein de brumes et de frimas
Il me manque une brune
Qui remplisse de rires et de soupirs mon à lit
A Londres, moi Général de Gaulle, j’envie
Jack l’éventreur, qui lui s’amusa
Plein de femmes, de sang et de joie
Mais bon, c’est la vie!
Je ne m’en fais pas, c’est décidé, je pars à TahitiEt de Gaulle plonge dans la Tamise
Dans l’eau froide avec volupté il avance
Il passe la Manche, l’Atlantique, Panama, le Pacifique
Où dans la tempête il chevauche quelques baleines folles
En hurlant Vive la France

Et enfin Tahiti!
Il s’échoue, secoue sa grande carcasse
Remet en place ses galons et son képi
Et d’un pas décidé part vers la ville.

Il n’a plus de mémoire
Il a tout oublié il est libre.
Mystérieusement la nuit tombe

Il se dirige vers le quartier chaud
Et entre dans le premier cabaret
Où l’on propose un show international.

Là, des girls polyglottes font leur sale boulot
Et des garçons aux mines louches
Débouchent des magnums de Champagne.
Moi, Général de Gaulle, je suis heureux,
Je m’amuse entouré de call-girls amoureuses
Je claque mon pèze et soupèse les fesses
De quelques danseuses françaises
Qui font leur numéro.
A minuit on l’emmène au premier étage
Où sous les caresses d’une chinoise
Il retrouve enfin ses sens, son corps,
Son sexe et son appétit.
Plus tard dans la nuit, De Gaulle est saoul
Perdu dans ses pensées il se rappelle ce rêve
Où il enfonçait un poireau dans la trompe d’une
éléphante
Qui barrissait de plaisir alors que lui-même hurlant des
obscénités,
De sa main libre lançait des régimes de bananes sur
l’armée française.

Mais mais quelque chose de très doux le frôle
Et le sort de sa somnolence.

Il se retourne et c’est le choc
Une explosion atomique
Une désintégration sensuelle
Yvonne, Yvonne est là devant lui
Chaude et animale
Féline, merveilleusement féminine.
Leurs regards se croisent et déjà il n’y a plus rien à
dire.
Il se lève pourtant et lui offre une cigarette
Il tremble, il lui allume la cigarette
Et l’invite à danser.

Les musiciens jouent une valse lente et fausse
De Gaulle danse mal et son grand corps
Dégingandé écrase les pieds d’Yvonne.
Main dans la main ils vont sur la terrasse
La nuit est belle et chaude.
En bas dans la baie on aperçoit quelques dauphins, quelques
baleines
Qui s’ébrouent joyeusement au clair de lune
Il les montre du doigt avec un grand rire bête.
Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha!
Ils se murmurent des mots d’amour
Et leurs lèvres se frôlent sans se toucher
Extase de la nuit, frisson de toujours
La musique est plus lente et plus pénétrante
Ils défaillent, oui, c’est la mélodie du bonheur
C’est la chanson de l’amour
Soudain, tel un chien d’arrêt De Gaulle se raidit.
Ses oreilles se dressent
Ses narines frémissent, car elles sentent le danger.

Dans la nuit, un bruit mécanique
Et c’est Goebbels entouré de ses valets diaboliques qui
apparaît.
Les nazis sont là! la fuerie, la tuerie!
Le sang gicle, les têtes tombent
Les femmes hurlent des malédictions
Mais le général de Gaulle a le sens du devoir
Il repousse avec tendresse Yvonne
Et il rue dans les brancards.
Il monte sur le podium, arrache le micro
Du chanteur agonisant et tout d’un coup
Oui tout d’un coup, tout d’un coup
Sa belle voix profonde résonne dans le dancing

Appel aux Français
Le 18 juin 1940
« Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de
notre pays.
Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France.
Cette guerre est une guerre mondiale.
Tous les retards, toutes les fautes, toutes les souffrances
N’empêchent pas qu’il y a dans l’univers
Tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis.
Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique
Nous pourrons vaincre dans l’avenir
Par une force mécanique supérieure.
Le destin du monde est là.

Moi, Général De Gaulle, actuellement à Londres,
J’invite les officiers et les soldats français
Qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient
à s’y trouver
Avec leurs armes ou sans leurs armes
J’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes
Des industries d’armement
Qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient
à s’y trouver
À se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française
Ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Demain, comme aujourd’hui je parlerai à la radio de
Londres »
Alors comme par enchantement les nazis disparaissent
Comme de fantômes ils s’évanouissent
Et retournent au néant d’où ils viennent
C’est de la magie pure.

Dans le cabaret c’est le silence
Puis on entend un rire,
Alors le Général de Gaulle exulte,
Il hurle
« Vive l’univers, vive le whisky
Vive le mystère, vive la vie
Et vive moi!
Ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha ha! »

Sa belle tête est auréolée de lumière
L’orchestre joue une marche joyeuse et funèbre
Yvonne s’approche et lui offre un baiser
La fête reprend, tout le monde est saoul
De Gaulle, qui a les yeux fous, porte un toast
« Moi, général de Gaulle, je peux dire
Que la vie c’est du gâteau
J’ai mangé ma part, c’était bon et chaud
Maintenant il est trop tard, adieu et merci ».
Et sa grande silhouette s’enfonce dans le noir
Yvonne n’a plus d’espoir, elle pleure comme une petit fille
L’histoire dit que le Général finit’sa vie en Chine
Où avec un vieux chinois il monta une fumerie d’opium
Il vécut très vieux, très heureux
Et, dans les vapeurs de la drogue,
Ses derniers mots furent:
« Mais le dernier mot est-il dit?
L’espérance doit-elle disparaître?
La défaite est-elle définitive?
Non! »

 

 

Author: melomane-en-revolte

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